Riner aux J-O.

26 juillet 2012 - 08:44

Riner : «L'or, c'est l'obsession»

Teddy Riner ne se cache pas. Il n'a qu'une obsession : l'or olympique le 3 août. Depuis Pékin, le quintuple champion du monde a beaucoup appris de sa défaite contre Tangriev et c'est «un autre Teddy» qui va se présenter à Londres.

Teddy Riner est conscient que les autres judokas «veulent tous sa tête», mais il en fait une source de motivation. (L'Equipe)

Teddy Riner est conscient que les autres judokas «veulent tous sa tête», mais il en fait une source de motivation. (L'Equipe)
«C'est 3 août, 3 août, 3 août. Je vois Londres et rien d'autre. Après Londres, il y a un mur, un voile.» Teddy Riner ne pense qu'à ça. Il parle de la médaille. Pour le Français, il n'y en a qu'une. «L'or, c'est l'obsession», annonce le quintuple champion du monde. Pas le genre du bonhomme de se cacher. La peur de l'échec ? «Bien sûr. Je me fais deux scénarios : la défaite et la gagne. Il n'y a pas 36 000 chemins pour gravir cette montagne et décrocher cette médaille : il faut y croire, ne rien lâcher et continuer à s'entraîner.» Alors il y croit, ne lâche rien et s'entraîne.

Avec Teddy Riner, tout paraît simple. Pas le genre du bonhomme de se prendre la tête. Quand on lui parle du do, la voie, il pense d'abord au dos puis à la note de musique et finit par avouer en riant : «Je ne suis pas de cette génération. Je vis le judo, je kiffe mon sport, mais tout ce qui est ancestral ne me parle pas». Il n'oublie pas pour autant le passé. De ses deux défaites en quatre ans contre Abdullo Tangriev aux JO de Pékin et Daiki Kamikawa aux Mondiaux de Tokyo, il n'a pas tout perdu : «J'ai évolué, j'ai appris de mes erreurs et dans ma tête, j'ai grandi. Je ne suis plus le même bonhomme. J'ai une palette technique plus importante et j'ai plus d'expérience. C'est un autre Teddy qui va se présenter en 2012. J'ai beaucoup appris de ma défaite en 2008 et encore plus de ma défaite en 2010. Cela m'a permis de rebondir et de me remettre en question pour devenir de plus en plus invincible».
«C'est un autre Teddy qui va se présenter en 2012. J'ai beaucoup appris de ma défaite en 2008 et encore plus de ma défaite en 2010. Cela m'a permis de rebondir et de me remettre en question pour devenir de plus en plus invincible»De Pékin, il a bien retenu la leçon : «Il ne faut pas que je me disperse et je dois rester dans ma bulle. Cela va aller très vite et il faudra rester concentré du début à la fin de ma journée». Il n'a pas oublié Abdullo Tangriev. Quand on lui demande de nous faire vivre un combat dans sa tête, il choisit l'affrontement face à l'Ouzbek... mais au tournoi de Paris cette année. «Avant la compétition, je pense à son bras gauche, sa façon de faire le judo, ses attaques pour me faire tomber sans vouloir marquer mais pour montrer à l'arbitre. Le même schéma qu'aux JO 2008. Je pense à placer mes mains avant tout et dès que j'ai mes mains, je pense à ne pas attendre et à déclencher des attaques. Je veux être le premier dans tout : dans les mains, le déplacement ou l'attaque. Je sais que Tangriev est un combattant très malin, un vieux de loup de mer qui en a sous le pied et qui sait utiliser ça. Il faut trouver la solution le plus vite possible. Le mettre dans le vent. Le faire réagir pour l'amener dans le piège. Pendant le combat, c'est se dépasser et appliquer ce que je me suis dit et s'y tenir.»

Il n'a pas oublié son attentisme lors des JO 2008. Depuis, sa philosophie est claire : «Je ne suis pas spectateur, je suis vraiment l'acteur. Je ne reste pas focalisé sur le judo de mes adversaires, j'essaie de faire mon judo, de m'imposer et ne pas être attentiste dans le combat». Il sait bien qu'ils «veulent tous sa tête», mais il en fait une source de motivation. «Cela me permet de me remettre en question avant chaque grande compétition. J'arrive sur une compétition en me disant que je suis outsider et non leader». Il n'a pas besoin de connaître le do pour tracer sa voie -Sophie DORGAN

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